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APPEL ! MARCHE DE LA DIGNITE

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ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Marche de la Dignité : l’appel avec le soutien d’Angela Davis
Publié le 10 septembre 2015 par MAFED
marche dignité 2

En octobre 2005, étaient fauchées en Seine-Saint-Denis, les jeunes vies de deux clichois, une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l’État français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses responsabilités. Comme il l’a fait dans les dizaines de crimes policiers depuis des décennies.

Ce même mois d’octobre 2005, comme réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais elles ne dirent pas assez combien au cœur de cette révolte, figurait, forte, l’exigence de respect. La dénonciation du mépris par lequel avait été traitée la mort de ces deux adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective.

Vingt ans plus tôt, ce sont déjà d’autres violences policières qui poussèrent des jeunes issus de l’immigration post-coloniale à mener à travers la France la Marche de 1983, la fameuse marche pour l’égalité. Égalité sociale, bien sûr mais aussi égalité de considération. Les jeunes disaient « Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes des êtres humains ! » L’État se devait de la briser. Il mit alors tout en œuvre pour saboter cette auto-organisation en médiatisant à outrance certaines officines pseudo-antiracistes. Celles-ci s’employèrent de tous leurs moyens financiers à étouffer la Marche pour l’égalité sous les milliers de décibels de concerts gratuits et leur antiracisme de pacotille.

Aujourd’hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d’avoir renoncé à ses comportements passés, l’État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de surveillance et de répression. En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour les Noirs, les Arabes, les Rroms, les Blancs des quartiers. Dans ce paysage dévasté, le crime policier n’est jamais fortuit. Il est l’aboutissement de toute la logique d’un État qui n’a pour nous que désintérêt et mépris.

Le crime policier est l’expression achevée du racisme d’État. C’est celui-ci qui conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l’acte, c’est lui qui les dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur arme, d’ajuster et de tirer à mort ou d’écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la clef d’étranglement. Le message implicite que délivre le crime policier est simple. « Non seulement vous n’êtes pas des êtres humains comme les autres, mais avec vous nous pouvons aller jusqu’à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l’impunité ». À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti favorablement. Le crime policier n’est jamais un homicide involontaire, il n’est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les cœurs et les esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n’épargnera personne, il est là pour nous terroriser.

C’est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a dix ans, contre l’humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes, contre les crimes policiers, s’impose une nouvelle marche : la marche de la dignité. Notre réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d’enrayer notre écrasement collectif annoncé.

C’est à cette grande Marche de la Dignité que nous vous convions le 31 octobre prochain.

Amal Bentounsi, le 8 mai 2015, à Saint-Denis

Au nom du MAFED, collectif de la Marche des Femmes pour la Dignité composé de :

Sihame ASSBAGUE – Rania AYOUB – Rachida AZIZ – Paola BACCHETTA – BAMS – Anissa BENAISSA – Leila BENDERRA – Hind BEN FARES – Feiza BEN MOHAMED – Amal BENTOUNSI Nargesse BIBIMOUNE – Karima BOUACHE – Houria BOUTELDJA – Sarah CARMONA – CASEY – Samia CHALA – Imen CHATTEUR – Ismahane CHOUDER – Gerty DAMBURY – Inès DE LUNA – Rokhaya DIALLO – Éva DOUMBIA – Soraya EL KAHLAOUI – Fanny ESSIYE – Mireille FANON MENDÈS-France – Tauana Olivia GOMES-SILVA – Zeineb GUEDIONNI – Nacira GUÉNIF-SOUILAMAS – Hanane KARIMI – Mebarka KASSAM – Fatima KHEMILAT – Stella MAGLIANI-BELKACEM – Rania MAJDOUB – Fatou MEITE – Zakia MEZIANI – Karima MONDON – Samia MOUCHARIK – Ketty NESTOR – Laetitia NONONE – Monia OUADI – Ndella PAYE – Farida RÉMILA – Maboula SOUMAHORO – Hanifa TAGUELMINT – Nadia TENGOUT – Vanessa THOMPSON – Haifa TLILI – Joby VALENTE – Françoise VERGES – Louisa YOUSFI – Smina ZEKRINI – Ismahane ZERIBI

En collaboration avec les personnalités et organisations de l’immigration et des quartiers populaires et/ou subissant le racisme :

Association des marcheurs de 1983 – Association des travailleurs maghrébins de France – Association marocaine des Droits humains, section Paris/IDF – Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes – BDS France Paris – Brigade Anti-Négrophobie – Cases Rebelles – Collectif Afro-Fem – Collectif Ali Ziri – Collectif Citoyens – Collectif contre Exhibit B – Collectif des Féministes pour l’Égalité – Collectif des filles et fils d’Africains déportés – Collectif des Musulmans de France – Collectif James Baldwin – Collectif Stop le contrôle au faciès – Convergence Citoyenne Ivryienne – Droit à la différence – Éducation en héritage – Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté – Falsafa – Fédération des Musulmans du Sud – Femmes en lutte 93 – Ferguson in Paris – Fondation Frantz Fanon – Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires – La Voix des Rroms – Les Indivisibles – Les Peaux Cibles – Mamans Toutes Égales – Mémoires en marche – Mwasi collectif – Parti des Indigènes de la République – Respaix Conscience Musulmane – Rez’O – Romano Godjako Truj – Urgence Notre Police Assassine – Zonzon 93

Sabreen Al Rassace (réalisatrice, militante) – Djamel Atallah (ancien marcheur) – Baro Syntax (artiste) – Saïd Bouamama (sociologue) – Nadir Bouhmouch (cinéaste et photographe) – Emir Cherdouh (journaliste) – Raphael Confiant (écrivain) – Kamel Djellal (président du Collectif Citoyens) – Samia Errazouki (co-éditrice de Jadaliyya) – Esperanza Fernandez (artiste) – Hamé (artiste, La Rumeur) – Malika Hamidi (sociologue, directrice du European Muslim Network) – Amadou Ka (président des Indivisibles) – Almamy Kanouté (militant associatif et politique) – Jessica Koumé (dont l’époux, Amadou Koumé, a été tué par la police en mars 2015) – Esse Lawson (comédienne) – Nakk (artiste) – Princess Érika (artiste) – Zahia Rahmani (écrivain) – Ali Rahni (militant associatif) – Claude Ribbe (écrivain, réalisateur) – Rocé (artiste) – Joss Rovélas (militant associatif) – Saadane Sadgui (fondateur des JALB (Jeunes Arabes de Lyon et sa Banlieue) – Omar Slaouti (militant associatif) – Scred Connexion (groupe de rap) – Skalpel (artiste) – Z.E.P (artiste)

Avec les soutiens nationaux :

Centre d’Études et d’Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM) – Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés (FASTI) – Femmes en Luth – Les désobéissants – Liste des sans-voix – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Réseau pour une gauche décoloniale – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – Jean Asselmeyer (Réalisateur, Directeur du Panorama du Cinéma Algérien Nîmes) – Nadia Ben Moussa (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) – Mohamed Ben Yakhlef (élu Ensemble/FDG à Villeneuve Saint Georges) – Olivier Besancenot (porte-parole du NPA) – Henri Braun (avocat) – Insaf Chebaane (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) – Omar Cheriguene (élu FDG à Villeneuve Saint Georges) – Christian Darceaux (militant altermondialiste décolonial) – Virginie Despentes (écrivaine et réalisatrice) – Cédric Durand (économiste) – Éric Fassin (sociologue) – Géraldine Franck (militante égalitariste) – François Gèze (Directeur de collection à La Découverte) – Imen Guedda (élue FDG à Villeneuve Saint Georges) – Éric Hazan (éditeur) – Imhotep (artiste, IAM) – Raphaël Liogier (Professeur des universités, IEP d’Aix-en-Provence, Collège international de philosophie – Frédéric Lordon (philosophe, directeur de recherche au CNRS) – China Miéville (écrivain) – Bernard Noël (écrivain) – Océane Rose Marie (comédienne, auteure) – Kristin Ross (essayiste, professeur de littérature comparée à la NY University) – Olivier Neveux (professeur d’études théâtrales) – Odile Schwertz-Favrat (militante associative) – Antoine Volodine (écrivain)

Et internationaux :

Association Genre et Migration (Belgique) – Bruxelles Panthères (Belgique) – Azira’s way (Belgique) – Fight Racism Fight Imperialism (Royaume-Uni) – Center for Constitutional Rights (USA) – Ontario Coalition Against Poverty (Canada) – Salvage (Royaume-Uni) – Planners Network (Canada) – Institute for Critical Social Analysis at Rosa Luxemburg Stiftung (Allemagne) – Jacobin (magazine) (USA) – Abolitionist Law Center (USA) – Community Justice Project (USA) – Democratic Socialism (membre de United Left coalition -Slovénie) – Muslim Identities and Cultures, University of California (USA) – Trayvon Martin Organizing Committee (USA) – Action Against Black Genocide (USA) – Red Thread (Guyana) – Planners Network International (Canada) – No One Is Illegal Toronto (Canada) – Toronto New Socialists (Canada) – Socialist project Toronto (Canada) – Aoki Center for the Critical Study of Race and Nation (UC Davis School of Law – USA) – US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USA) – Faculty For Palestine (Canada), Caribbean Philosophical Association (International) – Network for Police Monitoring (Royaume-Uni) – ATTAC/CADTM (Maroc) – Social Text (review – USA) – Human Rights Network (USA) – HDK (Halkların Demokratik Kongresi/Congrès démocratique des peuples, Turquie) Angela Davis (activiste américaine, professeure de philosophie) – Aminata Traoré (ancienne ministre de la Culture du Mali, écrivaine) – Tariq Ramadan (professeur d’études islamiques à Oxford) – Asma Lamrabet (directrice du centre d’études féminines en Islam, Maroc) – Marie Nassif-Debs (professeur à l’Université libanaise, présidente de l’association « Egalité- ardah Boutros pour les Droits de la Femme ») – Omar Radi (journaliste, Maroc) – Vince Warren (executive director, Center for Constitutional rights) – Geneviève Rail (Institut Simone-De Beauvoir, Concordia University, Canada) – Gay J McDougall (Leitner Center for International Law and Justice) – Ramon Grosfoguel (professeur à l’Université de Berkeley) Monica Adams (Freedom Inc.) – Nouria Ouali (professeur, ULB – Belgique) – Sunaina Maira (Professor, University of California Davis -USA) – Rabab Abdulhadi (Professeur, Director AMED, San Francisco State University -USA) – Zillah Eisenstein (ecrivaine, militante, professeur -USA) – Nelson Maldonaro-Torres (professeur, ancien président de Caribbean Philosophical Association -USA) – Howard Winant (Professeur, Directeur UC Center for New Racial Studies, Santa Barbara -USA) – Minoo Moallem (professeur, University of California, Berkeley -USA) – Fatima El-Tayeb (Professeur, Director Critical Gender Studies, University of California, San Diego -USA) – Jin Haritaworn (Professeur, York University -USA) – Cei Bell (écrivain et artiste -USA) – Neferti Tadiar (professeur, Barnard College -USA) – Nivedita Menon (Professeur, Jawaharlal Nehru University-Inde) – Zulema Valdez (professeur, University of Calfornia, Merced -USA) – Kehaulani Kauanui (Professeur, Wesleyan University Middletown, CT- (USA) – Jacqueline Nassy Brown (Professeur, Hunter College and The Graduate Center -USA) – Norma Cantú (professeur, Latino/a Studies, , University of Missouri, Kansas City -USA) – Roshanak Kheshti (Professeur, Ethnic Studies, University of California, San Diego -USA) – Sangeeta Ray (Professeur, University of Maryland College Park -USA) – Dina Siddiqi (Professeur, Brac University -Bangladesh) – Piya Chatterjee (Professeur, Chair Dpt. Feminist, Gender and Sexuality Studies, Scripps College – USA) – Sirma Bilge (Professeur, Universite de Montreal -Canada) – Sharad Chari (professeur, University of the Witwatersrand Johannesburg -Afrique du sud) – Sheba Chhachhi (artiste -Inde) – Hatem Bazia (National Chair, American Muslims for Palestine, Senior Lecturer, UC Berkeley – USA) – Sima Shakhsari (professeur, Wellesley College -USA) – Tanya Boza (professeur, University of California, Merced -USA) – Patricia Penn Hilden (Professeur Emerita, Native American Studies -USA) – Norma Alarcon (Professeur Emerita, Chicana Studies, University of California -USA) – Nighat Said Khan (Executive Director ASR Resource Centre and Dean of Studies Institute of Women’s Studies- (Pakistan) – Nadine Nabor (professeur, University of Illinois -USA) – Pratibha Parmar (film maker -USA) – France Winddance Twine (professeur, University of California, Santa Barbara -USA) – Fouzieyha Towghi (Militante, Lecturer University of California Berkeley -USA) – Taru Dalmia (musicien, groupe The Ska Vengers -Inde) – Samara Chopra (musicienne, groupe The Ska Vengers -Inde) – Zakia Salime (Professeur de sociologie à l’Université de Rutgers -USA) – Angela Harris (professeur, University of California Davis School of Law -USA) – Suhraiya Jivraj (Senior Lecturer, Kent Law School, and activist -Royaume-Uni) – Soraya Tlatli (professeur, University of California Berkeley -USA) – Jaribu Hill (Mississippi Workers’ Center for Human Rights -USA) – Ethel Brooks (Department of Gender Studies, Rudgers University -USA) – Jane Gordon (The Carribean Philosophical Association -USA) – Sunera Thobani (Critical Race and Postcolonial Feminist Theory Group, University of British Columbia -Canada) – Ruth Wilson Gilmore (professeur, Associate Director du Center for Place, Culture and Politics, University of New York -USA) – Maurice Moe Mitchell (membre du Black Lives Matter)

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Posted by: | Posted on: septembre 11, 2015

APPEL des ASSOCIATIONS au Président de la République

Lettre ouverte au Président de la République sur l’accueil des réfugiés et des migrants en France et en Europe

Paris, le 10 septembre 2015

Monsieur le Président,

Lundi dernier, lors de votre conférence de presse vous avez fait un certain nombre d’annonces sur le thème de l’asile et des migrations qui éclairent la position que la France entend défendre lors de la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE du 14 septembre prochain à Bruxelles.
Nous notons que la tonalité de vos propos et leur contenu contrastent significativement avec les positions que la France défendait avant l’été. Les tragiques événements survenus depuis semblent avoir enfin provoqué le sursaut tant attendu pour que ces personnes qui souhaitent rejoindre l’Europe en quête de protection et de conditions de vie dignes soient considérées pour ce qu’elles sont : des êtres humains qui méritent en premier lieu notre compassion et notre solidarité, et non un regard suspicieux et le rejet à coup de murs, de barbelés et de répression policière.
Pour autant, vos annonces, si elles sont plus généreuses que celles faites avant l’été, restent de notre point de vue très en deçà du défi posé à notre pays et à l’Union européenne pour répondre à l’attente de ces réfugiés et migrants, qu’ils se trouvent déjà dans l’UE ou encore dans des pays tiers.
Aujourd’hui la France doit urgemment adopter des positions courageuses, et ce, dès la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE du 14 septembre. Elles sont au moins au nombre de trois :
1- Concernant les réfugiés et migrants se trouvant déjà sur le sol français.
Compte tenu de la tradition d’accueil par la France des exilés, que vous avez réaffirmée, comment justifier l’insuffisance de l’accueil proposé à ces personnes? Aujourd’hui, il faut sortir de la logique d’encampement à Calais. La France a la capacité logistique et économique de proposer des mises à l’abri dans des dispositifs en dur, à Calais et tout au long de la trajectoire migratoire en métropole et notamment à Paris. Ces lieux de mise à l’abri doivent permettre d’apporter aux personnes une réponse à leurs besoins vitaux comme manger, boire, se laver, être soignées et, pour la plupart, être accompagnées sur le plan psychologique. Des conditions d’accueil décentes sont indispensables pour que les migrants puissent être correctement informés et exercer sereinement leurs droits, notamment de demander l’asile.
Comme vous, nous saluons la mobilisation de nombreuses communes de France, certaines n’ayant pas attendu les événements tragiques récents pour agir. Nous attendons de l’Etat et des collectivités qu’ils mobilisent des moyens humains et financiers suffisants pour que la parole de la France se traduise en actes concrets de solidarité pour un accueil digne.
2- Concernant l’accueil des personnes se trouvant actuellement dans des pays de première arrivée (Grèce, Italie, Hongrie…).
Vous avez annoncé que la France accueillera 24 000 de ces personnes dans le cadre d’un dispositif permanent et obligatoire de relocalisation. Nous saluons le soutien de la France à un tel dispositif qui devra permettre une meilleure répartition de l’effort d’accueil des demandeurs d’asile entre les pays de l’UE.
En revanche, le nombre de 24 000 (sur deux ans), suggéré par la Commission européenne, est inadapté à la réalité immédiate. Le HCR lui-même estime à 200 000 au minimum le nombre de personnes à « relocaliser » en Europe sachant qu’il en est arrivé 350 000. La solidarité européenne, notamment vis-à-vis de la Grèce et de l’Italie, doit être autrement plus ambitieuse.
Vous avez par ailleurs insisté sur l’importance de la mise en place de « centres d’identification et d’enregistrement » (hotspots) dans les pays de première arrivée pour effectuer un tri entre les demandeurs d’asile et les personnes qui doivent être « raccompagnées », « dans la dignité ». Nous avons les plus grandes inquiétudes quant aux méthodes qui seraient utilisées pour procéder à ce tri, et aux conditions matérielles dans lesquelles il s’effectuerait. Pouvez-vous nous garantir que ces centres ne seront pas des lieux de privation de liberté, des prisons aux portes de l’Europe ?
Nos organisations sont par ailleurs choquées qu’il soit envisagé de rejeter d’emblée certaines catégories de ces personnes qui, pour la plupart, ont risqué leur vie pour rejoindre l’Europe, alors que la complexité croissante des causes de départ rend de plus en plus difficile la distinction entre asile « politique » et exil « économique ». Rejeter ceux qui sont déjà plongés dans une extrême précarité, parce qu’ils seraient « pauvres » et non « réfugiés », n’est pas acceptable. En face de personnes qui fuient des situations de guerre, d’oppression ou de misère, la seule conduite digne, c’est celle fondée sur l’accueil et le respect des droits fondamentaux.
La crise actuelle a amené l’Allemagne à suspendre unilatéralement l’application du règlement Dublin pour les ressortissants syriens. Nos organisations alertent depuis longtemps l’UE sur les conséquences dramatiques de ce dispositif injuste, inéquitable et pourtant très inefficace. Nous vous demandons donc de tirer les conséquences de la crise actuelle et d’appeler l’UE à remettre à plat le système d’asile européen, en commençant, comme le préconisent le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants de l’ONU, par suspendre l’application du règlement Dublin, quelle que soit la nationalité du demandeur d’asile.
Enfin, nous estimons que la France et l’UE doivent urgemment renégocier avec le Royaume-Uni les règles d’entrée sur le territoire britannique. Ces règles sont à l’origine des problèmes majeurs rencontrés dans le Calaisis depuis bientôt 20 ans. Si, comme vous l’avez rappelé, cette crise doit nous amener à faire des « choix qui compteront » et qui seront jugés « par l’histoire » et à traiter les migrants avec « humanité et responsabilité », alors il est urgent de rouvrir ces discussions.
3- Concernant les personnes qui souhaitent rejoindre le territoire européen.
Vous avez également évoqué les défis posés par ces flux migratoires sur le plan international, notamment dans la perspective du sommet Europe-Afrique de La Valette (11 novembre 2015) et d’une conférence internationale sur les réfugiés que la France pourrait accueillir.
Pour nos organisations, l’urgence de la situation est telle que des mesures doivent être prises immédiatement pour éviter de nouvelles tragédies, de nouveaux décès – près de 3 000 – que vous avez-vous-même rappelés au début de votre conférence. La France et ses partenaires européens doivent, d’urgence, ouvrir des voies d’accès légales et sûres pour les personnes qui se trouvent dans des pays tiers (Liban, Jordanie, Libye etc..) et qui souhaiteraient rejoindre l’Europe sans risquer leur vie et sans avoir recours à des passeurs. La délivrance de visas et la suppression des visas de transit aéroportuaire s’imposent, comme s’imposent le soutien au regroupement familial et la sécurisation des parcours.
Pour faire face à cette urgence, l’UE pourrait aussi mettre en oeuvre le mécanisme prévu par la Directive 2001/55/CE du 20 juillet 2001 relative à l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées, précisément conçue pour offrir, « en cas d’afflux massif ou d’afflux massif imminent de personnes déplacées en provenance de pays tiers qui ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine », une protection immédiate à ces personnes.
Quant aux discussions avec les pays de départ et les pays de transit des migrants, nous constatons que, depuis des années, des politiques de coopération et d’aide au développement sont mises au service de l’externalisation des contrôles migratoires, entraînant parfois de graves conséquences en termes de droits humains des migrants. Nous sommes très alarmés par les travaux en cours dans le cadre du processus de Khartoum, où sont sous-traités, y compris à des régimes dictatoriaux, certains aspects de la politique migratoire de l’Union européenne. Nos organisations vous demandent solennellement de bannir, en matière de migrations, toute coopération avec des États tiers, d’origine et de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.
Monsieur le Président, l’émotion provoquée dans l’opinion par les images récentes, nous la ressentons depuis des années. Pour être à la hauteur des défis posés par la nécessaire protection des personnes qui frappent aux portes de l’UE, les dirigeants européens doivent faire preuve d’une grande volonté politique. Si cette volonté est bien expliquée, si vous et votre gouvernement vous engagez résolument, nous sommes persuadés que nos concitoyens seront de plus en plus disposés à accueillir ces personnes en quête de paix et de protection.
Nous souhaitons pouvoir évoquer de vive voix ces sujets avec vous, en particulier en vue du prochain sommet européen et des futures conférences internationales. Nous vous invitons une nouvelle fois à recevoir tous les acteurs de la société civile qui agissent concrètement, et certains depuis longtemps, en faveur d’un accueil digne et respectueux des réfugiés et des migrants. C’est ensemble que nous pourrons relever ce défi.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre très haute considération.
Signataires :
L’ACAT-France ; l’ACORT; Action tunisienne ; ADTF ; Anafé ; ARDHIS ; ATMF ; CCFD Terre-Solidaire ; Centre Primo Levi ; La Cimade; Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers ; Coordination SUD ; CRID ; DIEL (Droits Ici et Là-bas) ; Elena-France ; Emmaüs France ; Emmaüs International ; Enda Europe ; EuroMed Droits – REMDH ; FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) ; Fédération de l’Entraide Protestante ; FIDH ; FNARS ; Fondation France Libertés – Danielle Mitterrand ; FORIM ; Français Langue d’Accueil; France Amérique Latine ; FTCR ; Gisti ; Grdr Migration-Citoyenneté-Développement ; IDD; Ligue des Droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; Migreurop ; Mouvement de la Paix ; Mouvement pour la dignité et les droits des Maliens ; MRAP ; l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau ; l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle ; Réseau Foi et Justice Afrique Europe ; Secours Catholique-Caritas France ; Secours Islamique France ; Syndicat de la Magistrature; Terre des Hommes France ; Union syndicale Solidaires.

Cc : M. Manuel Valls, M. Laurent Fabius, M. Bernard Cazeneuve, Mme Marisol Touraine, Mme Annick Girardin, M. Harlem Désir

Posted by: | Posted on: septembre 4, 2015

Action CSP 75

APPEL DE LA COALITION INTERNATIONALE DES SANS-PAPIERS, MIGRANTS ET DEMANDEURS D’ASILE (CISPM) ET DE L’UNION NATIONALE DES SANS-PAPIERS (UNSP)

pour

leur semaine d’action du 24 au 27 septembre 2015

ACCUEIL LE 24 SEPTEMBRE PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS
MANIFESTATION LE 25 SEPTEMBRE A CALAIS
PARTICIPATION LES 26 ET 27 SEPTEMBRE AU VILLAGE ALTERNATIBA A PARIS, PLACE DE LA REPUBLIQUE

A l’heure où se prépare le 21ème Sommet sur le climat à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, nous, Coalition Internationale des Sans-papiers, Migrants et demandeurs d’asile, et l’Union Nationale des Sans-papiers, avons décidé d’y faire entendre notre voix, tant nous considérons que les décisions qui y seront prises seront vitales pour nous et nos pays du Sud.

Pour nous, migrants économiques, politiques, climatiques (depuis bien longtemps), ou les trois à la fois, il n’y a pas lieu de faire de distinction de nature mais seulement de circonstances. Nous qui avons été colonisés, sommes surexploités, et dans l’attente sans grand espoir d’être régularisés, nous avons bien conscience d’être partie prenante de ces enjeux dits climatiques. Alors nous sommes bien déterminés à saisir « l’opportunité » de ce Sommet de Paris pour soutenir avec force que la lutte contre le dérèglement environnemental est intrinsèquement liée à la lutte contre le capitalisme et contre les inégalités.

Que ce dérèglement climatique, dû à toutes sortes de pollutions environnementales dont les pays industrialisés portent une lourde responsabilité, ont un lien direct avec les migrations, tout comme les conflits auxquels les états occidentaux ont participés (Afghanistan. Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Mali, République Centrafricaine, …) Et nous sommes bien décidés à réclamer à tous ceux qui seront au « sommet » d’en tirer toutes les conséquences : il ne peut y avoir succès de cette lutte qu’en rompant avec la logique capitaliste. Plutôt qu’être condamnés à quitter notre terre, à aller se noyer en Méditerranée au gré des politiques sécuritaires et criminelles de l’Europe, à se perdre au Nord dans un esclavage qui ne dit pas son nom, proclamons que c’est seulement par la justice sociale que pourra se construire la « transition écologique » vers un monde respectueux de la planète et de ses habitants.

C’est pour rechercher des solutions et faire des proposition en ce sens que nous, CISPM et UNSP, avons décidé de participer au village Alternatiba, et nous appelons tous les mouvements et collectifs de Sans-papiers et Migrant-e-s de France et d’Europe, ainsi que les citoyen-e-s, associations, syndicats, partis, à nous y rejoindre, les 26 et 27 septembre prochains, place de la République à Paris, pour y dénoncer les effets du dérèglement environnemental sur les pays d’origine des migrants, et réclamer la mise en oeuvre d’une « justice climatique », en commençant par en dégager les moyens par l’annulation de la dette des pays du tiers-monde les plus pauvres.

Comme toujours, nous voulons joindre le geste à la parole ! C’est pourquoi, avant les 2 jours de débats d’Alternatiba à Paris les 26 et 27 septembre, nous appelons à une grande manifestation à Calais la journée du 25 septembre. Rendez-vous place de la République à 8h, en mobilisant le plus de voitures et de cars possible, pour aller exprimer notre solidarité active aux réfugiés de Calais, pour protester contre l’impuissance et l’inhumanité des politiques européennes jusqu’à ce jour, en particulier ici française et britannique, pour affirmer notre plein droit à l’asile pour les réfugiés et à la liberté de circulation et d’installation pour tous les migrants. Nous en appelons à l’esprit de solidarité et de responsabilité de tous les citoyens et citoyennes pour participer à cette caravane du 25 septembre vers Calais, et à son financement par tous moyens.

TOUTES ET TOUS
A CALAIS le 25 Septembre 2015

AU VILLAGE ALTERNATIBA à PARIS,
Place de la République les 26 et 27 Septembre 2015.

Pour la Coalition Internationale des Sans-papiers, Migrant-e-s et demandeurs d’asile et l’Union Nationale des Sans-Papiers,
Le porte-parole de la CISPM
Anzoumane SISSOKO

Le 2 septembre 2015

————————————————————————————————
Coalition Internationale des Sans-papiers et Migrant-e-s (CISPM)
E-mail : sissokoanzoumane@yahoo.fr, Anzoumane Sissoko : +33 651 70 74 92
Pour tout soutien financier : envoyer chèque à l’ordre de DIEL (Droits Ici et Là-bas)
Adresse Sissoko Anzoumane, CISPM chez Moussa Drame 19 rue de l’Ourcq – Hall 3, 75019 Paris.