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Posted by: | Posted on: novembre 22, 2014

Transports : « tarifs sociaux » pour les sans-papiers, encore une polémique

ILE-DE-FRANCE – La Région doit voter vendredi la reconduction des tarifs sociaux qui prévoient des réductions, voire la gratuité des transports, pour les plus précaires. L’occasion d’une nouvelle bataille autour des sans-papiers, l’UMP dénonçant une « prime à l’irrégularité ».
passnavigoUn affrontement aux airs de déjà-vu. Comme chaque année, le vote des tarifs sociaux dans les transports d’Ile-de-France, prévu vendredi au conseil régional, rallume l’affrontement gauche-droite sur la question des étrangers en situation irrégulière.

La patronne de l’UMP francilienne, Valérie Pécresse, a repris son bâton de pèlerin pour dénoncer « une prime à l’illégalité » que constitue, selon elle, la réduction de 75 % pour les titulaires de l’Aide médicale d’Etat (AME), le plus souvent en situation irrégulière. Selon l’élue, cette aide représenterait un coût d’environ « 70 millions d’euros par an » à la collectivité francilienne.

Des chiffres contestés par la Région, qui rappelle que c’est un gouvernement de droite qui a imposé la tarification sociale des transports, notamment pour les titulaires de l’AME, il y a dix ans. Selon l’exécutif, cela concerne « 110.000 personnes, soit 17 % des bénéficiaires des tarifs sociaux », c’est-à-dire 14,2 millions d’euros par an. Pour le président PS Jean-Paul Huchon, sollicité par metronews sur les arguments de Valérie Pécresse, « on est en droit de se dire que l’UMP est en train de quitter le champ des valeurs républicaines et de se rapprocher dangereusement des thèses défendues par l’extrême droite. »

690.000 personnes ont des réductions

La tarification sociale, rebaptisée « bouclier social » par la majorité régionale, concerne un public beaucoup plus vaste que les seuls « clandestins ». Au total, plus de 690.000 personnes en bénéficient, soit 13 % du trafic dans les transports d’Ile-de-France. La moitié d’entre elles, allocataires du RSA et chômeurs cumulant la CMU-C et l’Allocation de solidarité spécifique, ne payent rien.

Une chose est sûre dans cette nouvelle guerre des chiffres : les voyageurs bénéficiant de la gratuité ou de la réduction de 75 % sont en constante augmentation. Sur fond de crise économique, leur nombre a augmenté de 17 % entre leur mise en place fin 2011 et mai 2014. Le coût de la mesure passe de 82,3 millions en 2014 à 83,9 millions l’an prochain.