novembre, 2014

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Posted by: | Posted on: novembre 30, 2014

Un sans-papiers sauve la vie d’un homme avant d’être menacé d’expulsion

IMMIGRATION-REFUGIES-ASILE-SANS-PAPIERSÀ Toulouse, un étranger sans-papiers de 24 ans devait recevoir une médaille de la part des autorités pour avoir sauvé un homme de la noyade. À la place, il a été interpellé et placé en centre de rétention administrative, menacé d’expulsion.

L’histoire de Rachid Djaoued, racontée par La Dépêche du Midi n’est pas banale. Ce jeune sans-papiers de 24 ans devait recevoir une médaille des autorités pour avoir sauvé la vie d’un homme de la noyade. Au lieu de cela, il a été interpellé et s’est retrouvé en centre de rétention administrative, menacé d’expulsion.
Tout commence un soir de septembre. Il est 1 heure du matin. Rachid Djaoued traverse à vélo le pont Neuf à Toulouse quand soudain il voit un homme assis sur le parapet se jeter dans la Garonne. Sans hésiter, le jeune homme plonge tout habillé dans l’eau froide et rattrape le malheureux in extremis avant de le tirer jusque sur la berge. «Là, je lui ai fait un massage cardiaque et du bouche-à-bouche, raconte-t-il au Figaro. Et je suis resté avec lui jusqu’à ce que les pompiers arrivent». L’homme d’une quarantaine d’années est en vie et pris en charge par les secours. Aux policiers, Rachid Djaoued raconte ce qu’il s’est passé et laisse ses coordonnées. Un mois plus tard, il dit avoir reçu un courrier de la préfecture de la Haute-Garonne, qui le félicite pour son courage et lui promet une médaille en récompense. Un fonctionnaire l’aurait même appelé pour lui demander de rester joignable sur son téléphone portable afin de pouvoir le prévenir de la date de la cérémonie.
Pas d’antécédents judiciaires

Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Le 20 novembre, il se fait interpeller au petit matin par les gendarmes dans une maison située dans le Gers qu’il squattait avec des amis. Il a bien sa lettre de la préfecture de la Haute-Garonne sur lui mais rien n’y fait. La préfecture du Gers lui ordonne de quitter le territoire. Avec ses amis, il est placé en garde à vue pour suspicion de recel de vols. Puis, il est envoyé au centre de rétention administrative de Toulouse à Cornebarrieu qu’il connaît bien puisqu’il y a déjà été enfermé en septembre.
Originaire d’Algérie, Rachid Djaoued est arrivé en France à l’âge de 15 ans. Orphelin, sans-papiers depuis 9 ans, il vit dans la rue. «Il n’est pas connu des services de police, n’a jamais eu de problème, c’est un garçon exemplaire», explique Léo Claus, coordinateur du centre de la Cimade (association d’aide aux migrants en poste dans les centres de rétention). D’ailleurs, ce dernier ne comprend pas pourquoi on ne lui délivre pas un titre de séjour. «Cette nuit-là, il a pris le risque de sauter du pont, de nuit et dans le froid. Il y avait du monde sur le pont à ce moment-là mais personne n’a bougé à part lui… Il a sauvé un homme quand même!», tient à rappeler le délégué de la Cimade.
«J’ai envie d’avoir des papiers pour pouvoir travailler et avoir une vie normale. Je ne veux pas rester toute ma vie comme ça»
Rachid Djaoued
Finalement, après six jours de rétention, Rachid Djaoued est libéré. Il est sorti mercredi soir. Pas pour son héroïsme, mais pour une erreur de procédure. Son avocate a réussi à montrer devant le juge des libertés et de la détention qu’il avait été interpellé de manière irrégulière. «C’est pour cette histoire de médaille que mon client est resté en France, il attendait de recevoir sa récompense. Sinon, il serait parti car il avait déjà reçu une première obligation à quitter le territoire français (OQTF)», raconte au Figaro Me Caroline Barbot-Lafitte, avocate au barreau de Toulouse, qui pense qu’on «pourrait peut-être lui trouver une petite place» en France.
À la préfecture de la Haute-Garonne, on indique qu’on ne s’est pas engagé à récompenser le jeune homme. «Nous l’avons bien contacté pour vérifier son identité et nous assurer qu’il était l’auteur du sauvetage signalé en septembre dernier, mais la décision de le décorer n’a pas été prise», déclarait en début de semaine Olivier Delcayrou, directeur de cabinet du préfet de région, interrogé par La Dépêche du Midi.
Aujourd’hui, Rachid Djaoued est de nouveau dans la rue, toujours sans titre de séjour. Il peut se faire interpeller et retourner en centre de rétention administrative à tout moment, mais ne désespère pas de voir sa situation s’améliorer. «Ça fait presque 10 ans que je suis en France, j’ai grandi ici et je n’ai personne en Algérie», confie-t-il au Figaro dans un français approximatif. Il espère encore recevoir sa médaille. «J’ai envie d’avoir des papiers pour pouvoir travailler et avoir une vie normale. Je ne veux pas rester toute ma vie comme ça.»
En juin dernier, deux Tunisiens qui avaient sauvé plusieurs habitants des flammes d’un incendie à Aubervilliers ont été régularisés à titre exceptionnel par la préfecture de Seine-Saint-Denis, en récompense de leur bravoure.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/28/01016-20141128ARTFIG00190-un-sans-papiers-sauve-la-vie-d-un-homme-avant-d-etre-menace-d-expulsion.php

Posted by: | Posted on: novembre 24, 2014

Arrêtez les contrôles ! Libérez les papiers !

Travaillant dans de petites entreprises, souvent isolés parmi les salariés, comment dans de telles conditions les travailleurs sans-papiers peuvent-ils affronter leur patron ou la préfecture ? Comment dans de telles conditions organiser une grève ou une occupation d’entreprise ?

Car c’est risquer dans la plupart des cas de se voir condamné au chômage en plus de ne toujours pas avoir de papiers, et de se retrouver dans des centres de rétention qui comme leur nom l’indique, sont des structures qui « retiennent » les personnes en situation irrégulière, afin de pouvoir étudier, administrativement, leur dossier, mais la durée de rétention s’allonge de plus en plus depuis les années 80, ce qui permet aux autorités françaises de ne pas “relâcher” les sans-papiers, mais de les expulser.
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Arrêtez les contrôles ! Libérez les papiers ! © Hervé Pauchon – 2014

Bien sûr, leur principale demande est la régularisation. L’enjeu de cette revendication est, pour beaucoup de Sans Papiers est de faire valoir leurs droits à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, et de protester contre des conditions de travail et de salaire très inégales. Autre revendication : la fermeture directement à partir du centre de rétention.

Du coup, un collectif, un comité de soutien s’est créé, le CSP 75 D, Hervé Pauchon est allé recueillir leurs paroles …

Source : http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-arretez-les-controles-liberez-les-papiers

Posted by: | Posted on: novembre 22, 2014

Transports : « tarifs sociaux » pour les sans-papiers, encore une polémique

ILE-DE-FRANCE – La Région doit voter vendredi la reconduction des tarifs sociaux qui prévoient des réductions, voire la gratuité des transports, pour les plus précaires. L’occasion d’une nouvelle bataille autour des sans-papiers, l’UMP dénonçant une « prime à l’irrégularité ».
passnavigoUn affrontement aux airs de déjà-vu. Comme chaque année, le vote des tarifs sociaux dans les transports d’Ile-de-France, prévu vendredi au conseil régional, rallume l’affrontement gauche-droite sur la question des étrangers en situation irrégulière.

La patronne de l’UMP francilienne, Valérie Pécresse, a repris son bâton de pèlerin pour dénoncer « une prime à l’illégalité » que constitue, selon elle, la réduction de 75 % pour les titulaires de l’Aide médicale d’Etat (AME), le plus souvent en situation irrégulière. Selon l’élue, cette aide représenterait un coût d’environ « 70 millions d’euros par an » à la collectivité francilienne.

Des chiffres contestés par la Région, qui rappelle que c’est un gouvernement de droite qui a imposé la tarification sociale des transports, notamment pour les titulaires de l’AME, il y a dix ans. Selon l’exécutif, cela concerne « 110.000 personnes, soit 17 % des bénéficiaires des tarifs sociaux », c’est-à-dire 14,2 millions d’euros par an. Pour le président PS Jean-Paul Huchon, sollicité par metronews sur les arguments de Valérie Pécresse, « on est en droit de se dire que l’UMP est en train de quitter le champ des valeurs républicaines et de se rapprocher dangereusement des thèses défendues par l’extrême droite. »

690.000 personnes ont des réductions

La tarification sociale, rebaptisée « bouclier social » par la majorité régionale, concerne un public beaucoup plus vaste que les seuls « clandestins ». Au total, plus de 690.000 personnes en bénéficient, soit 13 % du trafic dans les transports d’Ile-de-France. La moitié d’entre elles, allocataires du RSA et chômeurs cumulant la CMU-C et l’Allocation de solidarité spécifique, ne payent rien.

Une chose est sûre dans cette nouvelle guerre des chiffres : les voyageurs bénéficiant de la gratuité ou de la réduction de 75 % sont en constante augmentation. Sur fond de crise économique, leur nombre a augmenté de 17 % entre leur mise en place fin 2011 et mai 2014. Le coût de la mesure passe de 82,3 millions en 2014 à 83,9 millions l’an prochain.