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Posted by: | Posted on: octobre 27, 2014

Des cinéastes en soutien aux sans-papiers d’un salon de coiffure à Paris

Des cinéastes en soutien aux sans-papiers d’un salon de coiffure à Paris

Un collectif de cinéastes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont lancé un court-métrage destiné à obtenir la régularisation de quinze sans-papiers, qui se sont rebellés contre leur exploitation dans un salon de beauté afro de l’est parisien.

Les dix-huit salariés d’un salon de coiffure africain du boulevard de Strasbourg à Paris sont en grève depuis 5 mois. Originaires de pays africains comme le Mali ou le Niger pour la plupart, quinze d’entre eux ont été exploités par le propriétaire qui, profitant de leur situation précaire, les faisait travailler sans contrat, dans des conditions déplorables.

Un court-métrage pour interpeller

« Quatre-vingt heures par semaine ». « Pas de salaire ». Un patron qui menace : « Je vais te faire rafler ». « Nous sommes les premiers à parler à visage découvert », confient-ils dans une vidéo réalisée par un collectif des cinéastes qui est venu apporter un soutien à leur lutte depuis le 8 septembre.

Josiane Balasko, Costa-Gavras, François Ozon ou encore François Cluzet ont signé une pétition à l’appui de ce court-métrage destiné à obtenir la régularisation des quinze sans-papiers, qui se sont rebellés contre leurs conditions de travail. « Ce n’est pas parce qu’ils sont sans-papiers qu’il faut oublier toutes les règles du droit », a déclaré le réalisateur Romain Goupil, également membre du collectif, lors de la présentation du film mercredi 22 octobre. Celui-ci est diffusé dans une centaine de salles pour interpeller l’opinion publique.

Rémunérés 200 à 400 euros par mois

« Si l’État ne nous donne pas raison, ce sera une victoire pour les mafias qui nous exploitent », expliquent les sans-papiers du salon de beauté, filmés au milieu des miroirs et des sèche-cheveux. « On veut gagner notre vie, vivre de notre travail, comme tout le monde. On veut payer nos impôts (…) Nous sommes des travailleurs de France. Dans le quartier, beaucoup de travailleurs sont comme nous « , ajoutent les coiffeuses et manucures du salon parisien.

Illégalement rémunérés, entre 200 à 400 euros par mois, ils travaillaient pourtant six jours sur sept, de 9 h à 23 h. « Des conditions de travail d’un autre temps », comme l’explique le collectif de cinéastes. « Quel message sera envoyé dans le quartier si ces salariés, qui ont osé se rebeller, étaient forcés de retourner dans l’illégalité ? », s’est interrogée l’actrice Josiane Balasko lors de la présentation du film.

Les salariés se relaient jour et nuit

En grève depuis le 22 mai, les salariés sont parvenus à obtenir des contrats de travail avec l’appui de la CGT, qui a fait pression sur leur employeur. Mais le 8 juillet, le propriétaire du salon a déclaré la faillite et seuls trois d’entre eux ont été régularisés. Ils ont donc décidé de le poursuivre et de déposer une plainte le 6 août pour « traite d’êtres humains, travail dissimulé et faillite frauduleuse ». Depuis cet été, les 18 salariés se relaient jour et nuit pour occuper leur ancien lieu de travail, non sans menaces.

Le tribunal administratif de Paris qui devait se prononcer jeudi 23 octobre sur une possible expulsion du site a reporté son audience au 6 novembre.

Avec AFP

Source : http://www.france24.com/fr/20141024-cineastes-soutien-sans-papiers-salon-coiffure-paris-immigration-travail-afrique-mali-niger-france-mafia/