octobre, 2014

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Posted by: | Posted on: octobre 31, 2014

militant à la FIDL. Depuis plusieurs semaines, le syndicat lycéen met son local à disposition des élèves sans-papiers pour leur offrir un lieu où dormir.

« L’hiver arrive et faut pas oublier que ce sont nos potes aussi », s’offusque Ahmed, lycéen et militant à la FIDL. Depuis plusieurs semaines, le syndicat lycéen met son local à disposition des élèves sans-papiers pour leur offrir un lieu où dormir.

Rue Léon Giraud, Paris 19e. « La FIDL fait le travail de la République, elle protège des lycéens sans papier ». La nouvelle déco de la façade du 9bis annonce la couleur. Depuis la mi-octobre, c’est une quinzaine de jeunes mineurs sans papiers qui vivent dans les locaux du syndicat lycéen.

DU THÉ ET UN TOIT
Dans un bureau, deux jeunes squattent devant les ordinateurs. Les éclats de rire fusent. Ils regardent des vidéos de chanteurs. C’est désormais leur seul lien avec leur terre natale.

La salle de travail reconvertie en cuisine

Cette salle de travail s’est transformée depuis quelques jours en cuisine. Plusieurs tables ont été disposées sur la longueur de la pièce : des plaques électriques, une machine à café, une bouilloire et quelques produits alimentaires y sont disposés. Rangés sous les tables en vrac, de nombreux sacs de provisions et des matelas gonflables. Charlène, 20 ans et graphiste salariée de la FIDL, présente le lieu : « Je précise : c’est aussi mon bureau. »

La pièce d’à côté fait office de salon mais aussi de chambre. Trois jeunes discutent, un autre déroule son tapis de prière. Des sacs sont entassés dans un coin. C’est la première fois, depuis des mois pour certains, que leurs affaires sont au même endroit plusieurs jours d’affilés. Thé à la main, l’un d’eux plaisante:
« Pour les photos, je peux prendre la pose comme une star si tu veux. Je rigole hein, je veux pas qu’on voit mon visage. »
Pendant la prière de leur compagnon, aucun d’eux ne parle ou ne bouge. L’instant est sacré.

D’UNE GALÈRE À L’AUTRE
Quelques minutes plus tard, les discussions en bambara – une langue du Mali – ont repris. Abdoul, qui jusque là n’avait rien dit, se lève pour partager son histoire. Mais pas devant les autres.

Un des lycéens sans-pap’ prie au milieu du local

Il a 16 ans, et est en seconde dans un lycée du 15e arrondissement de Paris. Arrivé en France en juin dernier, il a décidé de partir de sa région natale du Nord du Mali, Gao, à cause de la guerre. Entre un 4×4 pour rejoindre la Libye et une embarcation de fortune, il arrive au camp de Lampedusa. Il décide alors de venir en France où il espérait trouver ce qu’il recherchait : un équilibre. Car pour les Maliens, la misère n’existe pas dans l’hexagone comme l’explique Charlène de la FIDL :
« Un jeune m’a même dit que s’il disait à ses potes du Mali qu’il dormait dehors, on le traiterait de “pire des menteurs”. »
C’est pourtant une réalité. Abdoul en a fait les frais. Ne pouvant pas payer le self, les repas du midi se font rares. Pourtant, il n’envisage pas de repartir en Afrique. Si on le renvoie au Mali, un avion le conduira à Bamako, capitale du pays. Soit à plus de 1.000 kilomètres de chez lui. De là, il assure ignorer comment retrouver les siens. Pire encore, Abdoul se demande s’il pourra traverser la région de Gao sans que les rebelles ne l’enrôlent de force.

MAIS QUE FAIT LA FRANCE ?
La loi française est censée protéger ces mineurs qui débarquent. Mais si en théorie tout est prévu pour leur éviter la rue, dans les faits tout n’est pas si facile. Xavier Hasendahl de la FIDL :
« Ils attendent presque un mois pour avoir un rendez-vous. »
Ensuite, ils passent par un entretien psychologique sur la base duquel le psy détermine si oui ou non le jeune est mineur, « juste avec le parcours de vie ». S’en suit un test osseux, censé confirmer l’âge du sans-papier.

Hassan est passé par là. Après avoir quitté l’Afghanistan en 2010, il est arrivé seulement l’an dernier en France. Parti de son pays avec les hommes de sa famille, ces derniers l’ont abandonné en Turquie. Livré à lui-même, il a traversé plusieurs pays par ses propres moyens, dont certains hostiles à ses origines, comme l’Irak. Jugé majeur par les médecins, l’association qui s’en occupait l’a mis à la porte. Pourtant ses papiers d’identité indiquent qu’il a 16 ans. Xavier peste contre les tests osseux :

« Ils partent du principe qu’un os c’est comme un arbre, tous les ans ça grandit d’un cercle. Sauf que ces tests ont une marge d’erreur de 5 ans. Imaginez un jeune à qui on affirme qu’il a 20 ans alors qu’il en a 15. »
FIDL AU POSTE

Ahmed, 17 ans, militant à la FIDL, organise les tables de la cuisine improvisée. Les sacs de provisions reçus chaque jour ont besoin d’être rangés. Il ne pensait pas voir les locaux se transformer un jour en centre d’accueil pour sans-papiers. Mais pour lui, la situation était trop grave pour qu’il reste sans rien faire :
« L’hiver arrive. Et faut pas oublier que ce sont nos potes aussi. On commence les cours avec eux à 8h et on les fini à 18h avec eux. La seule différence c’est que moi je vais rentrer chez moi avec de quoi manger et un bureau pour faire mes devoirs. »
Les soutiens affluent, chaque jour plus nombreux. Xavier Hasendahl est en plein rush : il oriente les jeunes qui se présentent ou appellent pour savoir comment aider. Il passe du téléphone à son cahier de notes et a peu de temps pour souffler. D’autant qu’il faut également organiser la mobilisation politique.

NAJAT T’ES FOUTUE, LA JEUNESSE EST DANS LA RUE !
Après avoir fait parvenir une lettre ouverte à Anne Hidalgo, la FIDL a été reçu par la mairie de Paris. Les 15 jeunes qui étaient hébergés par le syndicat lycéen ont pu être placés pour une nuit en foyer de jeunes travailleurs, avec la promesse d’être pris en charge pour deux semaines. Pour Xavier Hasendahl, c’est une avancée, mais on est loin de la victoire :
« Là on a trouvé une solution pour 15 jours pour 15 jeunes. C’est bien mais ça solutionne pas le problème global. Ils sont pourtant plus d’une centaine, rien qu’à Paris. »
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, a également reçu les lycéens le 24 octobre. Mais elle n’a pris « aucun engagement concret », assurent les intéressés. Et depuis, d’autres jeunes sans-papiers sont venus frapper à la porte de la FIDL.

Posted by: | Posted on: octobre 27, 2014

Des cinéastes en soutien aux sans-papiers d’un salon de coiffure à Paris

Des cinéastes en soutien aux sans-papiers d’un salon de coiffure à Paris

Un collectif de cinéastes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont lancé un court-métrage destiné à obtenir la régularisation de quinze sans-papiers, qui se sont rebellés contre leur exploitation dans un salon de beauté afro de l’est parisien.

Les dix-huit salariés d’un salon de coiffure africain du boulevard de Strasbourg à Paris sont en grève depuis 5 mois. Originaires de pays africains comme le Mali ou le Niger pour la plupart, quinze d’entre eux ont été exploités par le propriétaire qui, profitant de leur situation précaire, les faisait travailler sans contrat, dans des conditions déplorables.

Un court-métrage pour interpeller

« Quatre-vingt heures par semaine ». « Pas de salaire ». Un patron qui menace : « Je vais te faire rafler ». « Nous sommes les premiers à parler à visage découvert », confient-ils dans une vidéo réalisée par un collectif des cinéastes qui est venu apporter un soutien à leur lutte depuis le 8 septembre.

Josiane Balasko, Costa-Gavras, François Ozon ou encore François Cluzet ont signé une pétition à l’appui de ce court-métrage destiné à obtenir la régularisation des quinze sans-papiers, qui se sont rebellés contre leurs conditions de travail. « Ce n’est pas parce qu’ils sont sans-papiers qu’il faut oublier toutes les règles du droit », a déclaré le réalisateur Romain Goupil, également membre du collectif, lors de la présentation du film mercredi 22 octobre. Celui-ci est diffusé dans une centaine de salles pour interpeller l’opinion publique.

Rémunérés 200 à 400 euros par mois

« Si l’État ne nous donne pas raison, ce sera une victoire pour les mafias qui nous exploitent », expliquent les sans-papiers du salon de beauté, filmés au milieu des miroirs et des sèche-cheveux. « On veut gagner notre vie, vivre de notre travail, comme tout le monde. On veut payer nos impôts (…) Nous sommes des travailleurs de France. Dans le quartier, beaucoup de travailleurs sont comme nous « , ajoutent les coiffeuses et manucures du salon parisien.

Illégalement rémunérés, entre 200 à 400 euros par mois, ils travaillaient pourtant six jours sur sept, de 9 h à 23 h. « Des conditions de travail d’un autre temps », comme l’explique le collectif de cinéastes. « Quel message sera envoyé dans le quartier si ces salariés, qui ont osé se rebeller, étaient forcés de retourner dans l’illégalité ? », s’est interrogée l’actrice Josiane Balasko lors de la présentation du film.

Les salariés se relaient jour et nuit

En grève depuis le 22 mai, les salariés sont parvenus à obtenir des contrats de travail avec l’appui de la CGT, qui a fait pression sur leur employeur. Mais le 8 juillet, le propriétaire du salon a déclaré la faillite et seuls trois d’entre eux ont été régularisés. Ils ont donc décidé de le poursuivre et de déposer une plainte le 6 août pour « traite d’êtres humains, travail dissimulé et faillite frauduleuse ». Depuis cet été, les 18 salariés se relaient jour et nuit pour occuper leur ancien lieu de travail, non sans menaces.

Le tribunal administratif de Paris qui devait se prononcer jeudi 23 octobre sur une possible expulsion du site a reporté son audience au 6 novembre.

Avec AFP

Source : http://www.france24.com/fr/20141024-cineastes-soutien-sans-papiers-salon-coiffure-paris-immigration-travail-afrique-mali-niger-france-mafia/

Posted by: | Posted on: octobre 14, 2014

Immigration : lancement de l’opération anti-sans papiers controversée “Mos Maiorum”

606x340_284472Ce lundi a été lancé dans les pays de l’espace Schengen une vaste opération visant à traquer les sans papiers et mettre à jour des filières d’immigration clandestine. Coordonnée par l’Italie et intitulée “Mos Maiorum,” elle devrait durer jusqu’au 26 octobre. Ce coup de filet est vivement critiqué par les associations de défense des migrants, qui dénonce une véritable “chasse”.

Ce type d’intervention est réalisé tous les six mois par le pays qui assure la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l’Union européenne, selon l’agence AFP. La Grèce l’avait nommée Aerodromos (aéroport), l’Italie a choisi de l’intituler Mos Maiorum, référence au concept romain de “moeurs des anciens” à défendre contre la décadence et la barbarie.

Pas moins de 20 000 membres des forces de l’ordre sont mobilisées pour l’opération dans 25 pays; ils seront chargés de surveiller les frontières extérieures mais aussi les arrêts de bus, gares et autoroutes sur le territoire européen.

L’objectif officiel est d’ “appréhender les migrants en situation illégale” pour les “identifier” et “affaiblir les organisations criminelles de passeurs”, précise un document adopté par le conseil des ministres de l’UE cité par l’AFP. Les 22 Etats membres de Schengen et les quatre pays associés Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande ont été invités à participer sur une base volontaire.

Les immigrés en situation irrégulières arrêtés seront renvoyés dans leur pays d’origine si ce dernier à signé une convention de réadmission avec l’UE. Sinon, ils pourront être placés en rétention, pour des durées variables selon les pays, ou laissés en liberté avec avis d’expulsion.

« Chasse » aux sans papiers
De nombreuses voix s‘élèvent dans le monde associatif pour condamner ce qui est vu comme un coup de filet, une “chasse,” ciblant une population déjà précaire et fragilisée.

Selon Karl Kopp, directeur des affaires européennes de l’ONG allemande ProAsyl, “Mos Maiorum est une opération anti-réfugiés, c’est leur cible, que ce soit bien clair”.

“Au lendemain du triste anniversaire du naufrage de Lampedusa d’octobre 2013, le lancement de cette opération illustre le double discours de l’UE”, a pour sa part déploré la Cimade.

Pour “Frontex Exit”, association de défense des migrants, Mos maiorum, c’est “la chasse des sans papiers dans l’Europe, une nouvelle bataille dans la guerre engagée par l’UE contre un ennemi imaginaire. Cette opération alimente le fantasme d’une invasion criminelle en Europe et utilise Frontex (l’agence chargée de la coordination de la sécurité des frontières extérieures de l’UE) pour mener une politique discriminatoire et violer les droits des migrants et des réfugiés”.

Les Etats membres doivent préciser les détails de l’interception des sans papiers, date et lieu, fournir des indications sur le migrant —nationalité, sexe, âge, lieu d’entrée dans l’UE— et déterminer la route et les moyens empruntés (papiers, réseaux, montants payés pour le passage).

Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de migrants en situation irrégulière dans l’UE, mais ils seraient entre 150 000 et 450 000 selon les estimations.
Source: