Posted by: | Posted on: juillet 13, 2018

« MR » <getmr@wanadoo.fr>

Le 11 juillet 2018

De Richard Moyon

<< Philippe Wanesson, l’un des animateurs de l’Auberge des Migrants qui, dans la région de Calais, apporte un soutien indispensable aux enfants, aux femmes et aux hommes qui tentent de passer en Grande Bretagne a publié sur son blog le récit de l’arrestation ce 24 participants à la Marche des Migrants de Vintimille à Calais. Deux d’entre eux sont toujours en rétention et risquent d’être expulsés. Il va sans dire que le Réseau Education sans frontières s’associe aux protestations contre la politique de brute de Macron et de son gouvernement.

Comme l’Auberge des Migrants, il appelle chacun à faire savoir au préfet ce qu’il pense de son zèle. >>

 

Démenti de Philippe Wannesson  !!!

Philippe, je suis désolé ! Je fais évidemment circuler ton démenti ! Avec mes excuses !

—–Message d’origine—–
De : Philippe Wannesson
Envoyé : vendredi 13 juillet 2018 12:51
À : getmr@wanadoo.fr
Objet : Démenti rumeur

Bonjour Richard.

J’ai un souci avec ce que tu racontes sur moi au début de ton message d’hier envoyé sur différentes listes. D’une part tu écris des choses fausses, d’autres part une interprétation malveillante – et il y en a – est que c’est qui me vente de ces choses pour tirer la couverture à moi.

Je te serais donc reconnaissant de diffuser le démenti suivant :

« J’ai lu dans un message de RESF diffusé le 12 juillet « Philippe Wanesson, l’un des animateurs de l’Auberge des Migrants qui, dans la région de Calais, apporte un soutien indispensable aux enfants, aux femmes et aux hommes qui tentent de passer en Grande Bretagne ». Je ne suis pas membre de l’Auberge des Migrants et encore moins un des animateurs. Je n’habite plus Calais depuis un an. Si mon activité de blogueur m’a donné une certaine visibilité, je n’en ai pas plus fait que beaucoup, et souvent moins que des personnes qu’on oublie trop souvent de voir. Pour avoir une vision juste de ce qui se passe à Calais, prenez le temps de vous rendre sur place, de rencontrer la diversité de collectifs et d’associations qui y agissent, de voir qui et comment vous pouvez soutenir, sur place et en rentrant chez vous. »

Merci d’avance,

Philippe.


Marche Vintimille >>> Calais >>> Londres >>>Calais !

Posted by: | Posted on: juillet 13, 2018

 

Dimanche 08 juillet, 

54 marcheurs de la Marche Solidaire se sont présentés aux contrôles de la frontière à Calais. 

La Police de l’Air et des Frontières en a stoppé 22, qui n’avaient pas les documents ou visas leur permettant de prendre le ferry pour Douvres.

Tous ceux et celles-là faisaient partie du Collectif des Sans Papier de Paris, et avaient marché durant deux semaines, de la capitale à Calais, la main dans la main avec les participant-e-s de l’Auberge des Migrants et de la Roya Citoyenne.

Emmené-e-s au centre de rétention administrative de Coquelles, 17 ont été libéré-e-s au compte-goutte (titulaires de carte de séjour, demandeurs d’asile…) dont 7 avec une O.Q.T.F.

Mais 5 ont été emmené-e-s dans la soirée au C.R.A. de Lesquin, et risquent d’être expulsé-e-s du territoire français.

Les policiers leur ont montré de nombreuses photographies d’eux et elles, prises dans le cortège du 07 juillet à Calais, leur reprochant donc implicitement leur participation à ce cortège.

Ce dernier, déclaré et autorisé, de plus d’un millier de personnes, avait pourtant marché dans Calais de façon joyeuse, fraternelle, et responsable, sans aucun problème.

Le C.S.P. 75 avait informé, plusieurs semaines auparavant, le Ministère de l’Intérieur et le Home Office britannique, du souhait des 22 de pouvoir finir la Marche à Londres et en revenir.

Il avait reçu, de l’un, une demande d’informations complémentaires, de l’autre un accusé de réception.

C’est donc en toute transparence que les 22 marcheurs s’étaient présentés au contrôle français     à Calais. Tout cela pour être traités comme s’ils avaient tenté un passage illégal.

Ce sont donc les autorités françaises qui auront provoqué le seul incident de cette marche de deux mois et une semaine.

C’est aussi la première fois depuis la création du Comité des Sans Papiers 75, en 2002, que des personnes y appartenant sont arrêtées et détenues à l’occasion d’une manifestation.

Ici, à Calais, les marcheurs et marcheuses sont extrêmement touché-e-s par ces arrestations.

6 sont restés à Calais dimanche matin en signe de solidarité.

70 personnes ont passé la journée devant le centre de rétention de Coquelles.

A Londres dimanche ils et elles ont parlé pour ces 22 personnes, en brandissant leur portrait.

Au retour à Calais, beaucoup étaient en pleurs.

Demandez avec nous la libération immédiate de ces 5 personnes. 

Protestez, avec les 3 000 marcheurs qui ont participé à au moins une des 59 étapes entre Vintimille et Londres, avec les autres associations et collectifs ayant organisé l’accueil dans les villes-étapes. Faites circuler ce communiqué autour de vous, s.v.p.

Adressez un mail de protestation au Préfet du Pas-de-Calais

fabien.sudry@pas-de-calais.gouv.fr

Faites nous part de votre soutien, organisez un rassemblement de protestation devant votre Préfecture, et venez devant le C.R.A. de Lesquin (59) si vous êtes à proximité.

Contact : L’Auberge des Migrants, co-organisateur de la Marche Solidaire.laubergedesmigrants@hotmail.fr « 


Migrants !L’Europe ne doit pas renier le droit d’asile

Posted by: | Posted on: juin 27, 2018

L’errance de l’Aquarius pendant 9 jours a révélé, si besoin était, la profondeur de la crise morale et politique que traverse l’Union européenne autour de la question migratoire. Et avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, nous disons « c’est honteux » pour l’Europe, pour la mise en cause des valeurs qui nous fondent, pour l’image d’indécision que nous renvoyons au monde.

Cette crise est profonde, par la vision de l’asile, plus généralement de l’accueil de l’étranger, que révèlent les discours et les actes de nombre de gouvernants européens. On n’est plus là en présence de positionnements purement tactiques, en vue du compromis qui serait à négocier lors du prochain Conseil européen, fin juin. Une coalition de leaders politiques prônant la renationalisation des politiques d’asile, refusant toute solidarité entre ses membres semble avoir pris le leadership en Europe. La prochaine présidence autrichienne du Conseil de l’UE  ne manque d’inquiéter au vu des déclarations du chancelier Kurz qui souhaite clairement externaliser la demande d’asile en dehors des frontières européennes et les traiter depuis des camps de rétention.

À ce discours, nous voulons opposer l’analyse suivante :

1. Nous devons rester attentifs aux causes précises des déplacements de personnes, comme aux variations du nombre des personnes déplacées, et rappeler que la réalité des flux de réfugiés vers l’Europe, en 2018, ne ressemble en aucune façon aux trois années précédentes. Pour exemple, là ou l’Italie accueillait 80 000 personnes entre janvier et juin 2017, elle en accueille aujourd’hui moins de 30 000 sur la même période.  Le discours populiste aujourd’hui omniprésent en Europe n’a plus rien à voir avec la réalité des flux mais tout avec une idéologie extrémiste faite de nationalisme et d’ethnisme.

2. Ne créons pas de nouveaux « boat people », ces réfugiés vietnamiens privés de secours en mer dans les années 70, dont France terre d’asile a des raisons de se souvenir. Le droit maritime international impose de porter secours aux personnes en détresse et de les mener jusqu’à un port sûr. C’est d’ailleurs ce qu’avait parfaitement compris l’Italie en 2013, à la suite  du  naufrage ayant occasionné la mort de 366 personnes, décrétant un deuil national, et surtout en lançant l’opération Mare Nostrum, qui a permis pendant un  peu plus d’un an de sauver des milliers de vies.

Nous pensons qu’il est indispensable de renforcer les opérations de recherche et de sauvetage en mer,  en soulignant leur nature humanitaire,  en respectant le principe de non-refoulement.

Mais il faut aussi lors d’un prochain sommet euro-méditerranéen impliquer tous les États de la zone afin d’identifier des lieux de débarquement sûrs pour les réfugiés et migrants secourus. Aux côtés du HCR, nous pensons qu’il est important de développer des mécanismes efficaces et prévisibles afin d’identifier sans délai les lieux sûrs sur le pourtour méditerranéen pour le débarquement rapide des réfugiés et migrants secourus et, particulièrement, pour ceux secourus dans les eaux internationales. Cette clarification des règles de débarquement suppose, pour les personnes ayant besoin d’une protection internationale, des accords de coopération entre les États du nord et du sud de la Méditerranée, afin d’assurer un accueil et une prise en charge qui tiennent dûment compte des besoins individuels et des vulnérabilités. Pour ceux débarqués dans un pays tiers de l’UE, un mécanisme de réinstallation rapide devrait être garanti  par les États membres impliquant la solidarité de tous.

3. L’asile est, par nature, un acte de solidarité, celui d’un État à l’égard de personnes ou groupes de personnes ayant besoin d’une protection internationale. Cette solidarité peut être mise en échec si elle reste le fait d’un État isolé, que cet État soit volontaire comme l’était, en Europe, l’Allemagne d’Angela Merkel en 2015, ou contraint, comme le sont, depuis de nombreuses années, les États du sud de l’Europe (contraints par les effets conjugués de la géographie et du Règlement Dublin III). Cet échec, on le voit aux résultats des dernières élections allemande et italienne, notamment ; plus modestement, on le voit en France à l’incapacité des pouvoirs publics à faire face à la question des « dublinés », et par suite à organiser convenablement l’accueil des demandeurs d’asile.

Car il ne suffit pas de dire que Dublin ne fonctionne pas. Il faut dès lors en tirer les conséquences pour le statut des personnes placées aujourd’hui sous ce règlement qui se trouvent en errance sur le territoire de l’Union et proposer un mécanisme de solidarité acceptable par tous les États parties prenantes en remplacement du règlement Dublin, défaillant.

Nous en déduisons que la crise de l’accueil, qui s’étend aujourd’hui peu à peu à toute l’Europe, tient à ces pannes de la solidarité entre États, dont la conscience a fini par s’inscrire dans les opinions. Cette crise n’aura d’issue pour le droit d’asile que si les États européens les plus concernés et les plus motivés s’entendent pour garantir entre eux le minimum de solidarité nécessaire dans l’accueil des demandeurs d’asile.

4. Qu’est-ce que l’Europe peut demander aux pays tiers ? Le droit d’asile fait partie, depuis l’origine, des valeurs par lesquelles l’Europe est identifiée, par elle-même comme par le reste du monde. Nous ne pensons pas que les discours extrémistes du moment puissent remettre en cause ces fondements.

C’est pourtant ce que certains proposent, avec le renvoi à l’extérieur des frontières européennes du traitement de toutes les demandes d’asile ; avec l’organisation de camps d’accueil dans des pays tiers, proches ou non, pour ce traitement ; avec la priorité de l’accueil des réfugiés dans les pays tiers « sûrs » ; et, pour garantir tout cela, la priorité donnée, dans la politique et le budget européen de l’asile, au renforcement policier des contrôles aux frontières extérieures.

Nous pensons qu’il faut, pour l’accueil des réfugiés dans le monde, que l’Europe travaille avec les pays tiers, voisins des pays d’origine, ou de transit. C’est d’ailleurs devenu, ces dernières années, la grande affaire de l’UE et de nombreux sommets. Mais nous devons savoir voir les limites de cette politique qui peut être, pour le droit d’asile, la meilleure ou la pire des choses, comme on a commencé à le voir en 2016 avec l’ « accord » UE-Turquie. Comme on le voit aujourd’hui avec l’externalisation totale proposée par certains.

Non seulement, cette orientation nous paraît vaine, car il se trouvera peu de pays tiers pour y coopérer volontairement. Mais, surtout, nous pensons que, dans ses profondeurs, l’Europe ne peut pas vouloir un tel reniement. À la société civile des États membres de se mobiliser pour faire en sorte que cela n’arrive jamais !

Thierry Le Roy, Président de France terre d’asile, Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile